Trouvé !
Dimanche 29 juin 2008A force de lire partout à peu près les mêmes chiffres sur le nombre de victimes des pesticides utilisés sur le coton, chiffres justifiés par un certain “rapport de l’OMS” vers lequel ne conduisait aucun lien, j’ai commencé à me poser sérieusement la question de l’existence d’un tel rapport.
Du coup, j’ai chargé mon pitbull mari de le retrouver et le rapport a été découvert ici : http://www.who.int/ceh/publications/pestipoison/en/index.html
Alors le WHO c’est bien la World Health Organization, OMS en français. Par contre le rapport n’a pas été rédigé par l’OMS mais pour. Et les chiffres annoncés (qui sont de 20 000 morts et 1 à 5 millions de personnes souffrants d’empoisonnement) valent pour toutes les cultures confondues. Le rapport précise toutefois que ces chiffres sont probablement sous-estimés (les symptomes d’empoisonnements sont semblables à ceux d’autres infections) et que les premières victimes en sont les enfants. Un autre chiffre est donné par ce rapport : 25% des pesticides sont utilisés dans les pays en voie de développement qui connaissent 99% des empoisonnements, ceci s’expliquant en grande partie par le manque de structures médicales.
Traduction (personnelle) d’un paragraphe d’introduction du rapport :
Les personnes peuvent être exposées à des doses excessives de pesticides en travaillant; à travers la nourriture, la terre, l’eau ou l’air; ou en ingérant directement des produits contenant des pesticides. Les pesticides sont connus pour causer des millions de cas d’empoisonnement aïgus dont un million au moins nécéssitent une hospitalisation. Le nombre d’enfants impliqués dans ce genre d’accidents est inconnu mais, au vu de ce qui ce passe dans de nombreux pays, il est probablement important. Entre un et trois travailleurs agricoles sur cents dans le monde souffrent d’empoisonnement aïgu par les pesticides et les adolescents en sont souvent victimes. En revanche la contribution des pesticides aux maladies chroniques est inconnue.
Les informations qui suivent sont copiées/collées depuis le site du Cirad, l’institut français de recherche agronomique au service du développement des pays du Sud et de l’outre-mer français, et en particulier du rapport sur le coton que vous trouverez ici
- Dans les grands pays producteurs, elle est généralement irriguée, et entièrement mécanisée. Elle nécessite donc peu de main-d’oeuvre et reçoit beaucoup de pesticides et d’engrais.
- Dans la plupart des pays en développement, notamment ceux d’Afrique de l’Ouest et du Centre, la culture du coton est généralement peu intensive mais demande une main-d’œuvre importante. Les opérations culturales y sont effectuées à la main ou avec l’aide d’animaux de trait, bœufs, ânes ou chevaux, et la récolte est toujours manuelle.
- A l’échelle mondiale, l’irrigation concerne 55 % des surfaces cotonnières qui fournissent les trois quarts de la récolte mondiale ; 30 % des surfaces cotonnières sont irriguées en Inde, 43 % aux Etats-Unis, 75 % en Chine.
- On recense 1 300 espèces d’insectes et d’animaux divers qui se nourrissent aux dépens du cotonnier, dont près de 500 sur le seul continent africain !
Pour aller plus loin, et si vous comprenez l’anglais, je vous conseille le site de l’UNCTAD consacré au coton : http://www.unctad.org/infocomm/anglais/cotton/sitemap.htm










