Pourquoi du coton bio ?
Parce qu’il s’agit de la culture la plus polluante au monde et que les agriculteurs sont les premiers à en souffrir.
La culture du coton représente 2,4% de la surface agricole mondiale, mais consomme 24% des pesticides vendus dans le monde.
De nombreux pesticides utilisés sur le coton sont classés parmi les substances dangereuses et sont même prohibées par l’Organisation Mondiale de la santé. De 10 aspersions de pesticides – par avion – dans les années 50, les paysans peuvent désormais traiter jusqu’à 40 fois les cotonniers par cycle de production (soit tous les trois jours).
Selon l’OMS, chaque année, 1 million de personnes sont intoxiquées et 22 000 personnes meurent à cause de cette pollution.
Au Mexique, sur une exploitation, on a recensé 17 produits différents quasiment tous interdits en Europe. Des défoliants très toxiques sont utilisés pour tuer la plante et éviter de ramasser le coton à la main.
Pour moi
Parce que tous ces produits chimiques finiront contre ma peau.
Le coton de culture chimique est totalement lavé et il ne subsiste que des traces des produits utilisés pour le cultiver. Il est cardé, filé et tissé puis, afin d’être débarrassé des dernières impuretés organiques, bouilli en présence de soude caustique et de détergents. Le terme 100% coton signifie seulement 85 à 90 % de coton, le reste étant des résines et autres apprêts chimiques.
Un coton non traité est un coton dans sa couleur d’origine non blanchi au chlore. Il n’a aucune autre garantie, en particulier sur sa production.
Les constituants chimiques de certaines teintures peuvent provoquer des allergies. Les métaux lourds (chrome), parfois utilisés en teinture comme produits de mordançage (ainsi nommés car ils permettent à la couleur de « mordre » la fibre), peuvent également provoquer des allergies.
Certains colorants azoïques peuvent par ailleurs libérer des amines aromatiques cancérigènes. Ils sont interdits en Allemagne depuis 1996, mais certains sont encore autorisés en France. De très nombreux vêtements, notamment en coton et en rayonne, contiennent du formaldéhyde, pour rendre les vêtements infroissables. C’est un allergène bien connu, mais il peut avoir d’autres effets négatifs : irritations, saignements de nez, maux de tête, nausées, pertes de mémoire.
Pour nous
Parce que moi, eux, nous n’avons qu’une planète et que ce qui se passe d’un coté aura des répercussions de l’autre. Autour de la Mer d’Aral (Asie centrale), des écosystèmes de régions immenses ont été perturbés de manière pratiquement irréversible. La Mer d’Aral a diminué de 75%, son eau est trop polluée et trop salée pour accueillir une vie aquatique et les terres environnantes ne sont plus cultivables. Selon les sources, on attribue 50% à 80% de la responsabilité à la culture du coton.
La Chine, l’Inde et le Pakistan ont connu des attaques d’insectes et de champignons parasites. Empoisonnement de tout l’écosystème, des hommes, du bétail, épuisement des terres, voilà le triste bilan de cette culture, pas triste pour tout le monde, car certains en tirent de substantiels revenus.
L’utilisation des pesticides et engrais correspond à 40% des coûts de production du coton conventionné. 2 à 3 milliards de dollars sont ainsi dépensés pour les achats de pesticides.
Nous avons un droit de vote, dans notre région, dans notre pays. Mais nous en avons également un à l’échelle internationale : ce sont nos choix de consommation.Les alternatives
Le coton issu d’agriculture biologique représente environ 1 millième du marché mondial du coton. En culture biologique, il est habituellement introduit en rotation avec d’autres productions. Avec sa racine profonde, il récupère les engrais laissés par les autres cultures, qui d’ailleurs s’en trouvent mieux.Et c’est le bétail aussi qui peut profiter de l’huile pressée à partir des graines. Les hommes sont, bien sûr, davantage payés ; leur part de travail est beaucoup plus importante.La lutte pesticide écologique, par exemple, contre certains vers mâles – la grande menace – se réalise par sa capture l’aide de phéromones femelles. Sont aussi mises à contribution des guêpes insectivores. En éclaircissant, on en profite pour supprimer les plantes les plus atteintes. Après la récolte, on détruit les pieds pour contrôler le mildiou. En culture biologique, 300 ha donnent 300 tonnes de coton brut, ce qui permettra de tailler 1,2 millions de T-shirts. Ceci représente 1000 kilos par hectare, pour une moyenne mondiale de 1700 kilos par hectare de coton conventionnel (avec de fortes disparités: 751 kilos par hectare pour l’Inde – en coton conventionnel)Le coton biologique, exempt de métaux lourds et ramassé à la main est de meilleure qualité.
Il existe aussi des cotons « écologiques ». La culture se fait selon un cahier des charges moins lourd que celui de l’agriculture biologique mais qui représente toutefois un net progrès par rapport au coton conventionnel. Des labels comme Green Cotton ou les standards Oekotex 100 et 200 encadrent ces productions, contrôlées pour la plupart par des organismes indépendants.
On peut certes reprocher au coton biologique de consommer toujours beaucoup d’eau, cette quantité est toutefois diminuée par des méthodes plus économes (arrosage plant par plant par exemple).
Le bambou, le chanvre, ou même la fibre de pin sont autant d’alternatives écologiques au coton, ne nécessitant que peu d’apports (eau, engrais…)
Avec plus d’un millier d’espèces connues et d’innombrables applications, le bambou conquiert aujourd’hui le marché du textile. Un processus similaire à la transformation de la pâte à papier en rayonne permet de changer des pousses robustes en un tissu soyeux hautement absorbant et antibactérien.
Le bambou produit une grande quantité de biomasse et participe à la lutte contre l’érosion par ses vastes racines qui freinent la vitesse de l’eau de pluie. Le bambou réduit le dioxyde de carbone jusqu’à 12 tonnes de co2 par hectare. Par sa consommation élevée de la nitrogène, le bambou lutte contre la pollution de l’eau
Toutefois, tout comme la transformation du papier, la transformation de végétaux en viscose peut se réveler assez polluante. Tout ce qui est viscose d’origine végétale n’est donc pas forcément aussi écologique qu’on le voudrait
Le chanvre est un aspirateur à nitrates (il en faut pour pousser jusqu’à 2 mètres de haut) et ne requiert pas de pesticides. Toutes les parties de la plante sont utilisées : la fibre va aux industries papetières, textiles ou géotextiles. La graine, le chènevis, est utilisée pour l’alimentation et la cosmétique. Enfin, la cellulose, ou chènevotte, est employée comme litière, matériaux de construction ou d’agglomérés.
Le chanvre s’adapte facilement à tous les styles de sol, de préférence humides, ameublis et pas trop acides. Les graines sont obtenues en France auprès et avec l’accord de la Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre, basée au Mans, qui s’assure de la faible teneur en THC (le delta-9-tétrahydrocannabinol est la molécule la plus connue contenue dans le cannabis et possède un caractère psychotrope) des variétés qu’elle développe.
Pour aller plus loin:
Le coton par wikipédia
La culture du coton par l’UNCTAD
Fibres issues de ressources naturelles renouvelables (PDF)
Projets de culture de coton bio en Afrique (PDF)
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